Map interactive par Qiqi’s Notebook.
Map interactive par Qiqi’s Notebook.
Une boîte dorée, aussi splendide que la lumière des cieux. Selon la légende, elle appartenait jadis à un envoyé divin de la cour éternelle.
Il était une fois, la mère des roses et des lys qui parsemait de son parfum de violette l’emmaillotage de soie de la petite fille, afin qu’un flot incessant de rêves joyeux puisse conjurer la morosité amère de la mort.
La belle chanteuse, qui autrefois faisait résonner d’élégantes mélodies, baigna également ses ailes dans les eaux chaudes et douces de la compassion, car ce précieux nouveau-né n’était pas destiné à être touché par la musique des cordes banales de ce monde.
C’était une époque où les chaînes de l’éternité n’avaient pas encore été brisées, et où des refrains insouciants résonnaient encore devant le trône des cieux.
C’était une époque où les jours passés sous l’arbre blanc comme l’argent étaient doux comme le miel, et où de magnifiques messagères envahissaient le paradis primordial.
Dans un rêve riche et doré, baigné par la chaleur du soleil printanier, l’enfant innocente se délectait de l’amour attentionné de toutes ses sœurs.
Dans leur berceau d’un bleu tendre, elles partageaient leurs rires avec la rosée du matin et les bourgeons tout juste éclos.
Et près de la pierre noire qui n’était pas encore tombée, elles chantaient des airs doux, accompagnés par le soleil couchant et la douce brise du soir.
Leurs yeux brillants n’avaient jamais vu le sang versé dans le monde d’en bas, et leurs mains délicates n’avaient jamais touché la triste douleur de l’injustice.
Puis, la lumière des étoiles venue d’ailleurs mit fin à cette idylle bucolique, et le feu de la désobéissance fut allumé par un désir malavisé.
La fille aînée qui avait osé outrepasser les limites trouva la mort en tombant du sommet de la montagne, tandis que les émissaires en armure qui avaient juré d’abattre le seigneur des armées périrent les uns après les autres.
Pendant tout ce temps, la plus jeune des enfants, la plus aimée de toutes, était cachée loin de là, dans un palais niché au cœur de la nature sauvage, à l’abri de la tempête de violence et de la pluie de sang incessante.
« Je m’avancerai jusqu’au trône tout en haut, je rendrai justice aux victimes et je libérerai les opprimés. »
« Mais nous ne devons pas endurcir le cœur de notre jeune sœur et l’envoyer à la guerre contre ce faux seigneur. »
« Et quelle que soit l’issue, nous ne devons jamais faire appel à ses ailes encore fragiles, ni lui imposer de porter nos fardeaux. »
Même si personne ne connaissait les désirs de ce souverain capricieux, son règne juste offrait néanmoins à chacun la possibilité de choisir sa propre voie.
Et c’est la plus jeune qui choisit de renoncer à la divinité et à ses anciens pouvoirs. Puis, comme par miracle, cette enfant fut autorisée à conserver sa forme humaine.
C’est ainsi qu’elle fit son entrée dans le monde des mortels, avec pour seuls bagages ses ailes brisées et un corps fragile fait de chair et d’os.
Sous cette forme d’une extrême vulnérabilité, elle errait seule à travers un pays rempli de chagrin et de larmes, souillant de boue et de fange ses pieds autrefois immaculés.
Cela dura des milliers d’années, durant lesquelles d’innombrables tours se transformèrent en sable et les chants de lamentation se dissipèrent dans la brise nocturne.
L’émissaire qui errait, l’émissaire qui rencontra la sorcière, l’émissaire qui fut enfin libéré de son passé…
C’est à travers ce parcours et ces souvenirs qui n’appartenaient qu’à elle qu’elle comprit enfin que sa couronne était irremplaçable.
Le monde qu’elle n’avait jamais daigné contempler était désormais gravé à jamais dans ses yeux, les yeux de celle qui ne pouvait plus chanter.
Voilà donc la guide solitaire qui se tenait là, coiffée d’une couronne tissée des innombrables joies et peines des hommes, ainsi que des grandes aventures des héros mortels.
« Quel monde magnifique ! »

